Pourquoi ?

Les Cinq Sens, 1872–79, Hans Makart.

Quelle idée de voyager à vélo ! 

Quand il est possible aujourd’hui de découvrir les temples d’Angkor derrière un casque de réalité virtuelle, ou de voyager en terre inconnue aux heures de grande écoute.

Oui, mais c’est se résoudre à n’utiliser que deux de nos cinq sens ! Se priver des odeurs des épices sur les souks, du parfum des saisons. Ignorer les textures et les aspérités de la terre, renoncer aux milles et unes saveurs des cuisines du monde.

Mais c’est surtout s’interdire une expérience essentielle, car il y a une vérité qui explose aux yeux sur la route : le bonheur, c’est les autres !

Ça, je peux le trouver avec le voyage, mais, et le vélo ?

C’est pour sa liberté quasi-totale et sa simplicité : une trace de roue et un courant d’air, en toute sobriété. C’est m’assurer le meilleur passeport vers les autres : dans l’effort physique, loin de ma zone de confort, et dépouillé du superflu, je suis l’égal de l’humain à l’autre bout du monde : les barrières tombent, plus d’inégalités.

Voyager lentement en bicyclette, c’est aussi s’intégrer à son environnement, le respecter et le craindre aussi, au lieu de vouloir le dominer : accepter le vent, la rudesse du climat, et en grimaçant, le dénivelé.

C’est enfin pour vivre une vie riche d’aventures, voir par moi-même, loin du prisme médiatique ultra-formaté où tout n’est que noir ou blanc, découvrir l’étincelle qui fait se comprendre deux personnes qui à priori tout oppose…

Tout ça et bien plus encore je suis sûr de l’obtenir d’une façon : en déroulant le monde sous mes roues !