LA COUR DE RÉCRÉ

Article LVDN

Forts d’une vive envie de partage de ce projet avec la jeunesse, et grâce à l’impulsion de Monsieur le maire de Beaumont-en-cambrésis ainsi que toute l’équipe enseignante de l’école primaire, nous avons mis en place une collaboration entre l’association « TheGreatBikeAdventure » et les trois classes de l’école. Le but ? Proposer aux jeunes élèves un support de travail pluridisciplinaire, une ouverture atypique vers le monde, et un dialogue privilégié avec nous. Les élèves et l’équipe enseignante ont merveilleusement débuté ce travail dès l’année 2017, avec une rencontre en compagnie de la presse, la mise en place d’un carnet de route, d’une carte interactive et d’activités en rapport avec cette belle aventure à vélo. A l’heure du départ, nous avons emporté dans nos sacoches un précieux trésor ! Des dessins réalisés par les élèves de l’école en 2017, que nous prenons soin de distribuer lorsque nous rencontrons des enfants sur la route… Nous avons également eu le plaisir de communiquer avec les classes de Beaumont par live video puis par telephone à Zadar (Croatie) et Istanbul (Turquie), juste avant de les laisser pour les longues vacances d’été 2017. Pour l’année scolaire 2018/2019, nous souhaitons approfondir cet échange avec la mise en place d’une section dédiée aux enfants sur le site : « La cours de récré ». Ici, et pour chaques pays, nous répondrons à 3 questions posées par les écoliers de manière simple et accompagnée de photos.


QUESTIONS DES ÉLÈVES


-OUZBEKISTAN-

  • Quel type d’agriculture fait vivre le pays ? L’Ouzbekistan est un pays très agricole : 35 à 40% de la population a un emploi agricole, ce qui est rendu possible majoritairement par l’irrigation (il y a un grand réseau de canaux transportant l’eau à travers le pays). On trouve surtout des cultures de fruit, de légumes, des vignes et du riz. Mais ce qui fait véritablement vivre le pays, c’est la culture de coton. Celui-ci est récolté entre septembre et octobre. Cependant, cette culture est fortement critiquée, à cause de sa forte consommation en eau, et surtout par l’utilisation du travail forcé de toute la population, notamment des enfants.
La récolte du coton se déroule entre septembre et octobre
  • Quels sont les types de paysage que vous avez rencontré ? Dès notre entrée en Ouzbékistan, nous avons rencontré des paysages désertiques, avec des dunes de sable et une végétation très pauvre. Entre les villes de Boukhara, Navoï et Samarcande, nous avons rencontré des vastes zones cultivées et verdoyantes. A l’est de Samarcande, nous retrouvons un paysage désertique et la naissance de la chaine montagneuse du Pamir.
  • Un paysage désertique de sable et un lac salé
  • Y-a-t-il des magasins ? La répartition des magasins en Ouzbekistan est très différente de celle de la France. A la campagne, dans les villages, on trouve plusieurs épiceries avec les aliments de première nécessité, des magasins de réparation automobile, au moins une boulangerie, et un magasin de fruit et légumes. En ville on trouve également beaucoup de petits magasins pour l’alimentation, pour le réparation automobile, la réparation de vélos, des boutiques de souvenirs dans les villes touristiques, des pharmacies, … Ce qui change, c’est qu’au lieu d’avoir un seul grand magasin comme en France, il y en a de tout petit, en plus grand nombre. Les magasins sont aussi regroupés par thème dans la rue : dans certaines on trouve uniquement des magasins de pneus, dans d’autres des ustensiles de cuisine, des pharmacies, etc… En plus de ces magasins, on trouve en ville plusieurs bazaar. Dans ces grands marchés ouverts toute la semaine, toute la journée, on peut trouver de tout, dans un labyrinthe de petites ruelles.
  • Le bazaar de Siab à Samarcande

    -TADJIKISTAN-

    • Comment s’organise le système éducatif Tadjik ? Les écoliers tadjikes débutent l’école primaire à l’âge de 7 ans, et bien que le cycle de l’école maternelle existe, ils sont très peu à y aller (environ 5%).
      L’école primaire accueille les enfants de 7 à 11 ans, et les établissements sont assez nombreux (bien que vétustes) dans les villages à l’ouest du pays. Nous avons fréquemment rencontré les jeunes écoliers en uniforme rentrant de l’école en début d’après-midi.
      A l’est du pays cependant, dans la région très reculée du Pamir, les villages sont bien moins nombreux et les écoles parfois très éloignées. Là, nous avons rencontré des enfants qui n’avaient pas accès à l’école.
      Différentes langues sont étudiées à l’école primaire. Dans l’ordre d’importance, on retrouve le Tadjike (et le Pamiri dans la région du Pamir), le Russe puis l’Anglais.
      Après le cycle primaire arrive le cycle moyen (de 11 à 16 ans), puis le cycle secondaire (de 16 à 18 ans). Enfin, l’université est accessible dans les grandes villes, pour les familles les plus fortunées. Nous avons rencontré quelques étudiants universitaires (en étude de tourisme) dans la capitale, Douchanbe.

       

    De jeunes écoliers partent à l’école dans le Pamir
  • La pollution et le respect de l’environnement au Tadjikistan. Depuis notre arrivée en Asie Centrale, nous avons remarqué une nette amélioration par rapport à l’Iran et la Géorgie ! Les villes sont plus propres, les déchets dans la rue moins nombreux.
    Il faut toutefois relativiser : les poubelles et conteneurs à déchets sont quasi-inexistants dans les villages, et nous avons croisé quelques décharges à ciel ouvert où les déchets sont entassés, parfois enterrés.
    Dans la région du Pamir, les services de ramassage d’ordures sont rares. Les déchets sont brulés ou enterrés. Mais ceux-ci sont bien moins nombreux que chez nous : les habitants n’utilisent pas de bouteilles en plastique, beaucoup de denrées alimentaires sont acheté en grosse quantité – les emballages sont donc réduits, l’offre dans les magasins est mince, il y a donc peu à jeter. De plus, dans cette société où tout coute cher pour les habitants, on jette peu mais on recycle, on conserve.

     

  • Peu de déchets. Tout se recycle au Tadjikistan.
  • Nous sommes-nous sentis en insécurité au Tadjikistan ? Pas une seule seconde. Et pour généraliser, l’Asie Centrale nous a semblé être la région la plus sure où nous sommes passés. Mais ceci est le sort réservé aux touristes, qu’il faut bien dissocier de celui réservé aux habitants…
    En Asie centrale, et plus particulièrement encore au Tadjikistan, le touriste est très bien accueilli. L’année 2018 a d’ailleurs été décrétée « année du tourisme » au Tadjikistan.
    Nous n’avons rencontré aucune violence à notre égard, mais parfois, et ce fut rare, des situations un peu plus tendues avec des groupes d’enfants /adolescents : regards provocateurs, jets de pierres, blocage sur la route et tape dans les sacoches dès que nous ne répondions pas favorablement à leurs demandes de « cadeaux ».
    Nous n’avons subi aucun contrôle d’identité en pleine rue. Concernant la présence policière et militaire, elle est plus forte dans la région autonome du Pamir. Nous avons passé en tout 5 ou 6 checkpoints sur les 900 kms de notre route dans le Pamir. A chacun de ces checkpoints nous avons dû présenter notre passeport, visa et permis d’entrée. Une formalité, avec des militaires souvent amicaux, au pire indifférents.

     

  • 2018, année du tourisme au Tadjikistan

    CHINE

  • Avez-vous vu des rizières et comment est-ce que les gens y travaillent ? C’est finalement assez tard dans notre voyage en Chine que nous avons vu nos premières rizières. C’était à Pugao, dans le Sud de la Chine. Les rizières observées à Pugao étaient assez exceptionnelles et répondent à une question que les Chinois de l’ethnie « Hani » se sont posé il y a des siècles : « Comment faire pousser du riz sur les pentes abruptes de la montagne, loin des plaines ? »
    C’est alors qu’à force de travail, ils ont réussi à bâtir des centaines de petits réservoirs horizontaux sur la montagne, permettant de stocker l’eau nécessaire à la pousse du riz. Ils continuent encore aujourd’hui à entretenir ces petites parcelles à la main, sans aucune machine, et parfois aidé par des buffles d’eau. C’est un riz 100% biologique.
  • Les rizières en terrasses à Pugao
  • Comment vous sentez-vous dans ce pays ? Les gens sont-ils accueillants ? Les enfants viennent-ils vers vous ?
    Les chinois ne sont pas très expressifs dans leur rapport aux étrangers. Rares sont ceux qui faisaient le premier pas pour nous dire bonjour, ou essayer de discuter avec nous. Cependant, ils étaient le plus souvent heureux de nous voir dans leur pays – allant même jusqu’à prendre des « selfies » avec nous dès lors que nous les avions salué. Nous nous souviendront tout de même d’une attention très sympathique : nous grimpions une longue cote dans le froid humide du Sichuan debut décembre quand une voiture s’arrete à notre niveau. Le conducteur s’arrête, nous distribue un sachet de délicieux muffins, nous prend en photo en s’en va. De quoi donner du courage en plein effort ! 
    Concernant les enfants, ils semblent un peu plus curieux que leurs ainés et plus aptes au contact avec les autres. 
  • Un groupe d’enfants rentre de l’école dans le Yunnan
  • Quelles sont les choses les plus différentes rencontrées ? Tout ou presque est différent en Chine ! A tel point que la question devrait plutôt être : Quelles sont les choses communes à l’occident rencontrées en Chine. Pour donner quelques exemples : 
    – L’alphabet : il composé de caractères ou encore « sinogrammes ». Totalement different de l’écriture utilisant l’alphabet latin. Le chinois courant utilise de 3000 à 5000 sinogrammes. Ce qui fait du chinois une des langues les plus difficiles à lire et à écrire.
    – Compter avec ses doigts : on ne compte pas de la même façon en France et en Chine ! Le 6 se fait en tendant le pouce et l’auriculaire. Le 7 en faisant un bec de canard avec la main. Le 8 comme si nous faisions un 2 en France. Le 9 en faisant un crochet avec l’index, et enfin le 10 en serrant le poing. 
    – Le langage des signes : Si vous souhaitez manger, ne mimez pas une fourchette qui va à la bouche : il n’y a pas de fourchette en Chine ! Mimez deux baguettes allant à la bouche.
    Pour dire « Oui » ou « OK », ne levez pas le pouce en l’air : cela peut être interprété comme le chiffre 6 ! C’est comme ça que nous nous sommes une fois retrouvé avec 6 bouteilles de bières sur la table du restaurant…
    – Les bonnes manières… En Chine, il est commun pour les gens de roter en public, et encore plus souvent de se racler la gorge bruyamment
    avant de cracher.
    – Le petit déjeuné : Il se compose le plus souvent d’une soupe de nouilles avec quelques morceaux de viande. Il est presque impossible de trouver un petit déjeuner comme en France.
  • Un Panda-food-truck à Chengdu, capitale du Sichuan

    VIETNAM

    • Est-ce que certains habitants parlent le français? Le français est-il encore enseigné dans certaines écoles?
      Très peu d’habitants parlent encore couramment le français au Vietnam. On estime que moins d’1% des 95 millions d’habitants parlent le français. Parmi ceux-ci, on retrouve des personnes âgées et des fonctionnaires d’Etat.
      Lors de notre passage à la frontière, nous avons été surpris qu’un officier nous parle en français. « Bonjour, où allez-vous » ?
      Le français n’est plus enseigné dans les écoles Vietnamiennes, où la priorité est donnée à l’anglais et bien sûr au chinois – leur puissant voisin.

    L’apprentissage d’une langue étrangère semble être bien loin des préoccupations de cette petite fille du Nord Vietnam…
    • Comment écrivent les vietnamiens? Comme nous ou comme les chinois?L’alphabet vietnamien est basé sur l’alphabet latin, auquel on a ajouté plusieurs accents servant à noter la valeur tonale à une lettre. Ce système a été mis en place progressivement depuis le XVIè siècle par des missionnaires évangéliques portugais puis français.
      Seules les lettres F, W et Z sont absentes de l’alphabet vietnamien.
      Malgré l’absence du français, certains mots vietnamiens sont tirés du français. Par exemple le mot « ca phé » qui veut dire… café !
      La valeur tonale ? Qu’est-ce que c’est ?
      En fonction du ton (représenté par un accent propre), un mot peut avoir différentes significations ! Par exemple : ma : fantôme / mà : mais / má : maman / mả : piere tombale / mã : cheval / mạ (avec un point sous le a) : grain de riz.

    3 accents pour 3 intonations différentes
    • Fabrique-t-on du fromage?! C’est une excellente question ! Ils ont des vaches ! Alors pourquoi pas de fromage ?! Malheureusement, pas vraiment. Dans la région près de la ville de Moc-Chau où des pâturages et des vaches laitières sont présents, seul le lait et le yaourt sont consommés. On note tout de même la présence de l’entreprise française Bel qui fabrique sa célèbre « Vache qui rit ». Mais est-ce vraiment du fromage ?… Evidemment que non !
    • A quelle période de l’année a lieu la mousson? La mousson  où nous étions au nord du Vietnam se déroule d’Octobre à fin Mars. Cependant la mousson au nord du Vietnam se caractérise non pas par des pluies torrentielles, mais plutôt par une météo fraîche, un ciel gris et de la brume.
    Le ciel gris et brumeux participe à donner une ambiance mystérieuse à ces montagnes

    DESSINS DISTRIBUÉS

    Varzaneh, IRAN
    Manem, TADJIKISTAN
    Milan, ITALIE